Stern plasticienne

DEAMBULATION DEVANT L’OEUVRE: « INCONNUS-CONNUS » DE STERN

«Le visage est signification, et signification sans contexte. Je veux dire qu’autrui dans la rectitude de son visage, n’est pas un personnage dans un contexte… le visage est sens à lui seul. Toi c’est toi.» Lévinas

 

Espace blanc…. et les séries de 9 portraits de STERN, plasticienne s’imposent par leur force.
Les « nonnettes », comme elle se plaît à les nommer nous regardent et nous les regardons. Nous les interrogeons et elles nous interrogent.
Ces visages dévoilés sont l’expression de chaque singularité, de chaque individu, de cet inconnu que l’on retrouve dans la symbolique du « soldat  inconnu». Ici, il s’agit de l’ « homme inconnu », comme l’expression de tous: ceux disparus mais qui nous hantent, ceux vivants qui nous entourent, en somme soi et l’autre. Les différentes représentations qui jouent des couleurs et des formes traduisent les possibles, les particularismes, le sensible.
Affiches grattées (de dimension d’un mètre sur un mètre) sont un support dont les strates dénotent de vies antérieures comme d’une transmission voilée et dévoilée, comme d’un prolongement fragile et éphémère.
Son trait, ses couleurs, ses collages impriment la détermination de montrer.
La mise en espace de ces neuf portraits forme un ensemble construit, fort. Elle traduit l’articulation entre le particulier et le collectif.
Ainsi l’artiste, par un travail de recherche sur la forme et sur le sens donne à voir une œuvre forte et dense. Elle s’appuie sur les travaux du philosophe Lévinas sur le visage, sa singularité et sa permanence et se pose la question de la représentation de « l’indicible ».
Elle entraîne le spectateur à s’interroger sur l’altérité, son humanité, sa place dans le monde des vivants.
Cette peinture me touche….

Hélène Boucher