Cuba janvier 2015

Regards savoyards sur Cuba à l’heure de l’ouverture

Fin janvier 2015, deux savoyardes Hélène Boucher et Claude Monniot sont allées à Cuba avec un groupe d’ « artisans du Monde » pour un voyage mi-touristique, mi- voyage d’études. Ce voyage faisait suite à un voyage précédent fait 2 ans plus tôt. Il était intéressant de voir l’évolution de ce pays après l’annonce par le Président Américain Barack Obama et celui de Cuba Raoul Castro du rapprochement historique entre les deux pays. Cela faisait plus de 50 ans que les Etats-Unis et Cuba, séparés par à peine 150 km, n’avaient plus aucune relation diplomatique officielle.

J’avais gardé à l’esprit un pays en pleine rénovation architecturale et où la musique était la seconde nature des Cubains. Ce nouveau voyage permettait d’explorer de nouvelles contrées.

Mais le pays avait bien changé. La situation économique liée à l’embargo était visible: les voitures la plupart américaines dataient des années cinquante. Le double marché des changes existe: le pesos cubain pour la population locale et le pesos convertible pour les touristes. Les cubains ont un carnet de rationnement pour les denrées de première nécessité….

L’ouverture de Cuba au tourisme a conduit les enfants cubains à interpeler les occidentaux qui visitent leur pays et à leur demander des « cadeaux ». les adultes, bien que cela soit répréhensible, n’hésitent plus à quémander.

Après la chute du mur, l’Union soviétique n’aide plus Cuba et l’embargo rend la situation économique bien difficile. L’esprit de débrouillardise conduit les Cubains à abandonner une agriculture d’exportation (cannes à sucre, tabac) pour se tourner vers une agriculture plus diversifiée: la « perma » culture et la culture biologique se développent pour éviter l’importation d’engrais coûteux.

Sur le plan industriel, l’exportation de nickel constitue la 1ère source de devises du pays. Le pays possède d’autres minerais, tels que l’or et le cuivre, et mène des activités de prospection concernant les hydrocarbures.

Les rencontres avec des professeurs, médecins montrent que les services de la santé et de l’éducation sont une des priorités du pays et s’exportent. Mais ces professionnels ont un salaire de 30 € par mois comme n’importe lequel des ouvriers ou des musiciens.

Pour avoir d’autres sources de revenus, les Cubains louent leur « casa » aux touristes dont le tarif est de 30€ la nuit.

Les relations culturelles entre la France et Cuba se font par l’association France Cuba et par l’Alliance Française. On peut visiter à La Havane la maison de Victor Hugo qui est un centre culturel où nous avons été reçues par sa directrice qui a en charge le secteur patrimonial de la Havane.

Les centres ville sont magnifiques car rénovés très rapidement grâce aux fonds de l’UNESCO.

Nous avons eu des difficultés administratives pour visiter les coopératives agricoles qui fournissent le jus d’orange pour les magasins « Artisans de Monde », adeptes du commerce équitable.

Les cubains rencontrés approuvent l’ouverture de leur pays comme un signe favorable pour permettre la généralisation d’internet, le développement du tourisme, du commerce et la liberté d’expression. D’autres craignent « le bétonnage » du littoral pour devenir le centre de vacances des américains. A suivre….